Le Voyage pittoresque
Le voyage pittoresque marque la transition entre le grand tour effectué par les jeunes élites à travers l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, et le tourisme qui prend son essor dès la seconde moitié du XIXe siècle. De nombreux récits de ces périples, et des plus variés, tant sur le fond que dans la forme, enrichissent les collections patrimoniales des bibliothèques publiques.
Le pittoresque naît du goût pour le paysage et relève d’abord du domaine de l’émotion avant de glisser vers plus d’érudition, de savoir. Affaire de gens aisés, l’authentique voyage pittoresque peut relever de circonstances particulières, médicales, familiales, professionnelles, mondaines ou religieuses. D’autres motivations incitent encore à prendre la route, comme la passion de Taylor et Nodier pour la sauvegarde du patrimoine, ou le simple besoin de changer d’idées chez Taine. Le voyage pittoresque deviendra ensuite un effet de mode, favorisé par l’amélioration des moyens de transport, régi par des conventions sociales, balisé par des guides publiés à grands tirages, et moqué, pour finir, par quelques plumes malicieuses.