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Tristan und Isolde = Tristan et Isolde
Edité par Distrart Musique - P 2022
Tiré à part utile du coffret consacré par Orfeo au Cent-cinquantième anniversaire du Wiener Staatsoper, ce Tristan que j'avais déjà loué dans ses colonnes documente Nina Stemme dans son rôle phare et au sommet de son art, transfigurée par la scène. Quelle Isolde mi sorcière mi amante, avec dans l'épaississement du timbre un mystère supplémentaire. Elle ne fait qu'une bouchée des embuches que lui dresse Wagner, aigus encore de jeune femme, mais mots déjà teintés d'amertume. Le portrait psychologique, par delà les splendeurs du chant, impose un personnage, affirmant qu'elle est simplement la plus grande Isolde depuis le temps héroïque des Flagstad, Varnay et autre Nilsson. Face à elle, Peter Seiffert renouvelle son Tristan parfait, stylé, héroïque et tendre, sans que la voix ne se soit irrémédiablement ternie malgré les années, quelle probité du chant ! Magnifique la Brangäne de Janina Baechle, claire de timbre (il ne lui manquerait pour tenter aborder Isolde que les notes du Mild und Leise, un jour peut-être...), mais si ardente dans les échanges avec sa maitresse. Bravo au Kurweneal compatissant de Jochen Schmeckenbecher, et aux silhouettes ténors. Et Marke ? Stephen Milling, abonnés à Hunding et autres rustres raffine son chant, anobli la ligne, plus paternel que souverain. Franz Welser-Möst les enveloppe tous de son orchestre cursif, hélas un rien sacrifié par la prise de son, seul bémol d'une soirée historique. (Discphilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)