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Festina Lente : (hâte-toi lentement). #02
Edité par La Criée - 2024
Alors que semble s'accélérer toujours et encore la succession des crises – écologique, mais aussi postcoloniale, sociétale, des représentations, etc. –, pour beaucoup d'entre nous il n'est plus possible de rester passifs face à l'effondrement qui vient. Il n'est plus possible de se contenter d'observer, de constater et de trembler. L'accélération des crises va par ailleurs de pair avec une accélération des rythmes sociétaux et individuels, auxquels il faut se soumettre et s'ajuster en continu. Dans ce contexte, nombre d'artistes, d'acteurs et actrices, de penseurs et penseuses des mondes de l'art réfléchissent à des formes d'adaptations, d'alternatives et de résistances. La Criée centre d'art contemporain accompagne ce mouvement à travers le cycle artistique Festina Lente (Hâte toi lentement), qui se décline en expositions, événements et des résidences, ainsi que dans les pages de la présente revue. Comment prendre soin de celles, ceux et ce qui nous entoure, dans leur diversité ? Comment faire commun dans un monde trop souvent fracturé ? Comment les artistes endurent le présent ? Que peut l'art ? Où doit-il se tenir ? Ce sont ces questions que posent le second numéro de la revue Festina Lente. Cherchant à s'ajuster à des réalité plurielles, complexes, contradictoires, ce numéro laisse entendre différentes voix, qui empruntent des routes collectives et variées. On trouve ainsi des voix amoureuses qui se répondent pour parler de terres dévastées et de vies brisées (Anisia Uzeyman et Saul Williams), des voix d'ancêtres qui parlent à travers nous (Khanysile Mbongwa et Euridice Zaituna Kala, Léa Muller), des voix de personnages mythologiques qui se transforment au fil des siècles et des traductions (Rasmus Myrup), des voix polyphoniques de collectives qui parlent de renouveler la langue, de la faire échapper de ses cadres binaires (Bye Bye Binary), des voix symbiotiques d'espèces compagnes (Estelle Chaigne et Vincent Zonca) ou d'autres qui parlent de réinventer l'architecture, l'art, l'amour et/ou l'amitié (Xavier Wrona, La collective qui cherche encore son nom , Gilles A. Tiberghien). (4e de couv.)