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Quintets, op. 81 & 97
Edité par Distrart Musique - P 2017
Voici deux ans les Pavel Haas relisaient drastiquement les deux Quatuors de Smetana. Aujourd’hui ils reviennent à Dvorak, illustré à leurs débuts chez Supraphon et dans leur première formation, mais cette fois par le chemin détourné de deux Quintettes. Manière de se réapproprier la musique de chambre du compositeur de Rusalka en y revenant pas immédiatement à quatre ? C’est probable. Leur alliage sonore avec le grand piano de concert de Boris Giltburg tire la sombre poésie du Quintette en La vers Brahms, musique de chambre déguisée en symphonie, d’une intensité expressive imparable, d’un geste ravageur (les tempêtes de l’Allegro ma non tanto n’ont jamais autant suggéré), d’une agogique irrépressible. Et si c’était la grande version moderne que l’œuvre espérait ? Son ton radical, ses accents expressionnistes se retrouvent au même degré d’intensité dans le ténébreux Quintette à deux altos en mi bémol, œuvre la plus secrète du séjour américain, pastorale mélancolique et sombre où dans le Larghetto se font entendre des rumeurs spectrales. Rejoint par l’alto clair de Pavel Nikl, les Pavel Haas chantent large ses paysages entre éden et désolation, donnant à son écriture intense des accents prophétiques. Vite, une suite (Jean-Charles Hoffelé, Discophilia - Artalinna.com)